Le 9 mai dernier était la Journée de l'Europe, et le 6 mai était organisé un débat "Europe et Education". A
cette occasion, Nicole Allieu-Mary, coordinatrice à l’INRP s'est interrogé sur l'enseignement de l'Europe.
Pour elle, enseigner l'Europe dans un contexte de débat dans la société, n'est pas chose facile. "Enseigner l'Europe, c'est enseigner un objet incertain".
Elle explicite ses interrogations : peut-on enseigner ce qui fait débat dans la société civile ? Comment les enseignants d’Histoire-géographie
s’emparent-ils de cette demande institutionnelle et comment leurs conceptions (du métier mais aussi de l'Europe) ont-elles une incidence sur les savoirs qu’ils privilégient et sur la nature même
de l’histoire et de la géographie qu’ils mettent en scène dans la classe ?
Extraits :
"Or, enseigner l’Europe aujourd’hui, c’est enseigner un objet incertain. C’est s’interroger sur ses « limites » en tant que continent (programme de quatrième, IGEN, 2007) ; c’est réfléchir à ce qui peut fonder une « identité européenne
» (programme de première, leçon Qu’est-ce que l’Europe ?) ; c’est aborder avec les élèves « les finalités du projet partagé par les nations qui la constituent » (IGEN, 2007) ; c’est, parmi les
compétences sociales et civiques décrites dans le Pilier 6 du Socle commun de compétences (Annexe au décret 2006-830 du 11 juillet 2006) permettre de « développer le
sentiment d’appartenance à son pays, à l’Union européenne ». C’est enseigner finalement quelque chose en devenir et sur lequel il y a débat dans la société civile."
(...)
"« C’est à travers l’éducation et la culture, qui conduisent au respect de l’autre et à la tolérance,
que cela devient peu à peu possible » ; « il faut éduquer nos enfants futurs citoyens européens sur une base de valeurs communes liées aux cultures, aux
droits de l’homme, à la diversité qui est une force positive pour arriver grâce à la tolérance et à la coopération… ». Resterait à savoir si les élèves, eux,
se sentent Européens ?"